Avancées scientifiques - Découvertes L'actualité médicale dans le domaine de la neurologie > Le gène de la maladie de Gaucher est aussi un facteur de risque de maladie de ParkinsonPublication : New England Journal of Medicine, 22 octobre, vol.361, n°17, pp1651-1661 Date : 05/11/2009 L'hypothèse d'un lien entre le gène de la glucocérébrosidase (GBA), dont l'altération est associée à la maladie de Gaucher quand elle est présente à l'état homozygote, et la maladie de Parkinson est venue initialement d'observations cliniques. En effet des patients atteints de maladie de Gaucher présentaient également des symptômes parkinsoniens. Leurs proches, hétérozygotes pour la mutation, avaient plus de risque de maladie de Parkinson.
Pour confirmer cette hypothèse, une grande étude a été conduite dans 16 centres répartis sur quatre continents, permettant de prendre en considération la prévalence des mutations selon les régions
Ellen Sidransky du National Human Genome Research Institute à Bethesda (Maryland) et ses collègues ont comparé 5.691 patients souffrant de maladie de Parkinson, dont 780 juifs ashkénazes, et 4.898 contrôles sains, dont 387 Ashkénazes. Une prévalence élevée de la maladie de Gaucher étant connue dans la population juive ashkhénaze.
Pour les deux mutations les plus fréquentes, 15% des patients parkinsoniens, comparé à 3% chez les contrôles présentaient ces mutations chez les Ashkénazes alors que les taux sont respectivement de 3% et moins de 1% dans les autres pôpulations.
En ajoutant, toutes les mutations possibles, la proportion de patients parkinsoniens présentant une mutation montait à 7% alors qu'elle restait peu élevée chez les contrôles. Toujours dans ce même analyse, les personnes hétérozygotes avaient un risque de maladie de Parkinson multiplié par 5,4.
Les chercheurs ont alors comparé les symptômes des patients parkinsoniens présentant une mutation dans ce gène avec ceux dont le gène n'était pas muté. Une présentation clinique atypique, avec à la fois moins de bradykinésie et de tremblements au repos et plus d'atteinte cognitive, étaient plus fréquentes en présence de mutations dans la GBA.
Par ailleurs, les patients présentant une mutation dans le gène GBA avaient plus fréquemment des proches souffrant aussi de maladie de Parkinson.
Ces résultats "valident le gène GBA comme facteur de risque de maladie de Parkinson", concluent les auteurs, ajoutant que l'enjeu désormais est de comprendre le mécanisme par lequel les mutations augmentent le risque de cette maladie.
Source: Agence de presse médicale
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