Les traitements médicaux
| Traitements médicamenteux | Traitements
chirurgicaux |
| La recherche thérapeutique
: les voies d'avenir |
On dispose de traitements médicamenteux et
chirurgicaux. Ces thérapeutiques permettent
de contrôler les symptômes de la maladie
et d'améliorer la qualité de vie des
patients, plusieurs années après que
la maladie est été diagnostiquée.
Ils ne permettent cependant pas de ralentir ou d'arrêter
la progression de la maladie.
Le type, la chronologie et la durée de prescription
des traitements, en monothérapie ou en association,
sont fonction de la forme et de l'évolution
de la maladie qui sont propres à chaque patient.
Les traitements médicamenteux
:
On dispose de plusieurs classes thérapeutiques,
qui sont utilisées en monothérapie ou
en association, à différentes posologies
selon le type et l'intensité des symptômes.
Le traitement est généralement débuté
à petites doses avec augmentation progressive
de la posologie en fonction de la tolérance
et de l'efficacité sur le ou les symptômes.
Cette prise en charge nécessite une collaboration
étroite entre le patient et son médecin.
- La Lévodopa (L-dopa) : Modopar®, Sinemet®.
- Les agonistes dopaminergiques : apomorphine, bromocriptine,
lisuride, pergolide, piribédil, ropinirole.
- Amantadine.
- Les inhibiteurs de la COMT : entacapone.
- Les anticholinergiques : bipéridène,
trihexyphénidyle.
- Les inhibiteurs de la MAO-B : sélégiline.
Ces traitements ont des mécanismes d'action
différents. Ils n'agissent donc pas forcément
sur les mêmes symptômes. Ils présentent
des contre-indications et des effets secondaires,
comme tout traitement.
Les traitements antiparkinsoniens ont des mécanismes
d'action divers, donc une efficacité différente
sur les symptômes.
Les mécanismes d'action sont :
- remplacer le neurotransmetteur manquant, la dopamine,
soit :
- par apport d'un précurseur de
la dopamine, c'est la Lévodopa
- par libération de dopamine, c'est
l'amantadine
- par inhibition de la dégradation
de la dopamine, ce sont les inhibiteurs
de la COMT et les inhibiteurs de la MAO-B
- par fixation sur les récepteurs
de la dopamine, donc jouant le même
rôle que la dopamine, ce sont les
agonistes dopaminergiques
- rééquilibrer les niveaux entre l'acétylcholine
et la dopamine : ce sont les anticholinergiques.
- Action sur d'autres neurotransmetteurs : glutamate
….
La Lévodopa agit principalement sur l'akinésie
et la rigidité, et de façon moindre
et plus tardive sur le tremblement. Après plusieurs
années de traitement, peuvent apparaître
des complications motrices, telles que des fluctuations
motrices (effet « on-off ») et des dyskinésies.
L'amantadine agit sur l'hypertonie et l'akinésie.
L'efficacité est inconstante et peut présenter
un épuisement. Elle est surtout utilisée
pour son action antidyskinétique.
Les inhibiteurs de la MAO-B potentialisent l'action
de la Lévodopa. Ils peuvent être utilisés
en monothérapie, principalement en début
d'affection, ou en association avec les autres.
Les inhibiteurs de la COMT augmentent les quantités
de Lévodopa disponible. Ils sont toujours utilisés
en association à la Lévodopa.
Les agonistes dopaminergiques agissent sur l'akinésie
et l'hypertonie. Leur effet sur les symptômes
est inférieure à celle de la Lévodopa,
mais ils ont l'avantage de ne pas induire de fluctuations
motrices et de mouvements anormaux à long terme.
Ils sont donc recommandés au début de
la maladie.
Les anticholinergiques ont surtout une action sur
le tremblement extrapyramidal, moindre sur l'hypertonie
et quasiment nulle sur l'akinésie. Ils présentent
aussi une action au niveau périphérique
sur la sécrétion salivaire.
Le choix et la posologie du (ou des) traitement sera
donc fonction de la forme clinique de la maladie,
de l'âge du patient, de la tolérance
du traitement, de l'apparition d'effets secondaires.
Le traitement est donc propre à chaque patient.
Le traitement nécessite une surveillance régulière,
et éventuellement une adaptation, par le médecin.
Les traitements chirurgicaux
:
Les premiers essais de traitement chirurgical datent
des années 40. Des lésions cérébrales
limitées étaient créées,
mais elles étaient trop invasives, responsables
de manifestations invalidantes.
Dans les années 50, les méthodes stéréotaxiques
se développent. Ces techniques utilisent un
repérage précis dans les 3 plans de
l'espace, et sont beaucoup moins traumatisantes.
Dans les années 90, l'électrostimulation
chronique se développe. C'est actuellement
la méthode chirurgicale la plus utilisée
en France.
L'électrostimulation chronique repose sur l'implantation
de deux électrodes dans un point précis
du cerveau. Ces électrodes sont reliées
à un stimulateur implanté dans le tissu
adipeux au niveau du thorax. Les impulsions électriques
entraînent une régression des symptômes.
Le stimulateur peut-être activé ou désactivé
à distance. Des réglages peuvent être
nécessaires, ainsi qu'un changement de la pile
au bout de 3 à 5 ans.
L'électrostimulation peut permettre d'obtenir,
à titre provisoire, une nette amélioration
de l'état de santé du patient. Elle
ne stoppe pas l'évolution de la maladie.
L'indication chirurgicale est discutée entre
le neurologue et le neurochirurgien, sur un ensemble
de critères précis. La décision
d'intervention est prise conjointement avec le patient.
Dans la région Sud-Est, il existe deux pôles
de chirurgie : Marseille (Timone) et Nice.
L'implantation d'une électrode au niveau cérébral
nécessite un repérage précis
(radiologique et électrophysiologique) et un
geste chirurgical.
Le repérage radiologique se fait préférentiellement
sur les données de l'IRM, avec fixation d'un
cadre stéréotaxique. Une trajectoire
est préetablie.
Le repérage électrophysiologique est
indispensable. Des microélectrodes d'exploration
sont introduites et dirigées progressivement
vers la cible selon la trajectoire préétablie
et sous contrôle radiologique. A 10-15 mm de
la position finale présumée, des séries
d'enregistrements et stimulations sont réalisées
pour délimiter la cible du geste chirurgical.
Le geste chirurgical se fait avec une précision
millimétrique. L'électrode de stimulation
mise en place, un stimulateur est implanté
au niveau du thorax.
La recherche thérapeutique
: les voies d'avenir
De nombreuses voies de recherche sont en cours pour
le traitement de la maladie de Parkinson, devant aboutir
sur d'important progrès dans un avenir proche.
Le but de ces traitements sera d'arrêter l ‘évolution
de la maladie ou de remplacer les neurones dopaminergiques
disparus.
La thérapie génique
:
La thérapie génique est le transfert
de matériel génétique dans
des cellules spécifiques d'un patient pour
remplacer ou introduire une fonction à
la cellule. Déjà utilisée
dans certaines pathologies comme les dystrophies
musculaires par exemple, on se sert d'un vecteur
viral modifié qui va aller dans la cellule
hôte pour produire de nouvelles particules.
Des recherches sont en cours chez le primate pour
la maladie de Parkinson. On utilise un vecteur
viral lent (LV) dérivé d'un virus
équin, et les cellules du striatum comme
cellules cibles. Le LV est modifié de telle
sorte qu'il puisse exprimer les trois gènes
nécessaires à la synthèse
de dopamine. On réalise ensuite une injection
intrastriatale sous stéréotaxie
du LV dans le but d'avoir une sécrétion
de dopamine au niveau du striatum.
La neuroprotection :
Les facteurs neurotrophiques sont des protéines
endogènes impliquées dans la communication
intracellulaire qui déclenchent les voies
signalétiques régulant la survie
des neurones, leur différenciation, leur
croissance et leur régénération.
Le Glial cell line-derived neurotrophic factor
(GDNF) a un effet protecteur et restaurateur sur
les neurones dopaminergiques du tronc cérébral
chez les primates parkinsoniens.
D'après les études pré-cliniques
et les premiers essais cliniques réalisés,
il a été démontré
qu'une libération ciblée sur les
sites cérébraux spécifiques
était indispensable pour obtenir des effets
cliniques et limiter les effets secondaires.
Le GDNF paraît donc prometteur pour traiter
la maladie de Parkinson.
La greffe de neurones :
La greffe de cellules nerveuses est une voie d'avenir.
Deux types de greffes sont en cours de recherche.
- Les greffes, au niveau du striatum, de neurones
dopaminergiques d'embryons humains de 8 à
10 semaines.
- Les greffes de cellules prélevées
au niveau du cortex du patient, cultivées
dans une éprouvette avant d'être
réinjectées chez le patient
pour remplacer les cellules devenues manquantes.
Des années de recherche seront encore
cependant nécessaires pour définir
leur faisabilité et leur innocuité.
Par ailleurs, les greffes réalisées
à partir de cellules embryonnaires
soulèvent un problème d'éthique.
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